Les retraités unis pour défendre une hausse des pensions

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Mercredi devant l'Assemblée, les retraités étaient nombreux à s'être rassemblés à l'appel unitaire de leurs organisations syndicales. Il faut dire que la précarité grandissante de la situation de plus de cinq millions d'entre eux percevant une pension  comprise entre 800 et 1100 euros, la réalité de la situation faite aux femmes retraitées dont plus d'une sur trois perçoit moins de 700 euros par mois, a de quoi interpeller le Président du pouvoir d'achat. Avec Marie-George Buffet, j'ai reçu l'ensemble des organisations syndicales de retraités qui nous ont fait part de leurs très grandes inquiétudes concernant le pouvoir d'achat, l'accès aux soins et à la complémentaire santé, la perte d'autonomie. Dans l'hémicycle nous avons relayé leurs revendications lors des questions d'actualité.
Lire la question de M.G. Buffet.

Compte rendu de la séance du mercredi 24 février 2010

M. le président. La parole est à Mme Marie-George Buffet, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

Mme Marie-George Buffet. Monsieur le Premier ministre, une femme retraitée sur deux perçoit moins de 900 euros de pension.

M. Patrick Roy. Hélas !

Mme Marie-George Buffet. Quatre millions de retraités perçoivent 579 euros par mois. Comment vivre avec si peu ?

Pourtant, c’est une baisse généralisée du niveau des pensions que vous nous proposez en voulant allonger la durée de cotisation et reculer l’âge de la retraite.

Les hommes et les femmes qui manifestent aujourd’hui refusent ce piège, car ils savent possible de maintenir le droit à la retraite à soixante ans avec de bonnes pensions, aucune ne devant être inférieure au SMIC. Ils savent possible de traduire le gain de productivité et l’allongement de la durée de vie en temps libre supplémentaire.

Pour cela, il faut faire cotiser les revenus financiers, supprimer les 30 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales. Mais, surtout, il est urgent de s’attaquer au chômage de masse.

Avec 100 000 emplois supplémentaires, ce seraient 2 milliards de plus pour les caisses de retraites. Car le vrai problème, ce n’est pas la démographie : ce sont les multinationales du CAC 40, qui ont encore distribué 35 milliards d’euros à leurs actionnaires au détriment de l’emploi. Et c’est votre gouvernement, coupable de RGPP.

Les salariés, tels ceux de Total, et les fonctionnaires, qui se battent pour une politique industrielle créatrice d’emplois ou pour une fonction publique au service des usagers, sont en fait les meilleurs réformateurs de notre système de retraite.

Monsieur le Premier ministre, allez-vous entendre ces propositions pour répondre à cette exigence très largement majoritaire chez nos compatriotes : maintenir la retraite à soixante ans ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

M. le président. La parole est à M. Xavier Darcos, ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville.

M. Xavier Darcos, ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Madame la députée, ce ne sont pas des discours qui assureront la revalorisation des pensions (Exclamations sur les bancs des groupes GDR et SRC), ce sont des actes et des décisions, ce sont les mesures que le Gouvernement a prises et que vous n’avez pas votées. Je pense à celles en faveur de la revalorisation du minimum vieillesse, qui va augmenter de 25 % d’ici à 2012. Cela va concerner 400 000 personnes, qui toucheront 150 euros de plus chaque mois.

M. Bernard Roman. Quand ?

M. Xavier Darcos, ministre du travail. Madame Buffet, 150 euros par mois, cela ne vous paraît pas convenable ?

C’est la pension minimum que nous avons créée pour 230 000 agriculteurs. Cela représente en moyenne 350 euros. Madame Buffet, 350 euros, cela ne vous paraît pas convenable ?

M. Roland Muzeau. Allez donc dire cela aux gens qui manifestent devant l’Assemblée !

M. Xavier Darcos, ministre du travail. Ce sont les pensions de réversion, qui ont été revalorisées de 11 % au 1er janvier, ce qui va représenter 350 euros pour 600 000 veuves et veufs, les plus modestes. Madame Buffet, 350 euros, cela ne vous paraît pas convenable ? (Exclamations sur les bancs des groupes GDR et SRC.)

Vous n’avez pas voté non plus l’effort qui a été fait en faveur des pensions des veuves d’agriculteurs : cela représente 400 euros par mois, madame Buffet. Cela ne vous paraît pas convenable ?

Vous le voyez bien, madame la députée, il faut sortir du double discours. On ne peut pas à la fois ne pas voter les mesures que prend cette majorité pour revaloriser les pensions et le minimum vieillesse, et dire qu’il ne faut pas discuter de quoi que ce soit. Ne faites pas passer l’intérêt de la politique avant celui des retraités (Exclamations et huées sur les bancs des groupes GDR et SRC) et, surtout, des générations futures, car vous ne dites pas, madame Buffet, comment les générations futures paieront les retraites si nous ne faisons rien. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

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